Qu’est ce qu’un circuit alimentaire court et quelles sont ses origines?

L'origine du circuit court remonterait aux années 60 au Japon. En effet durant ces années, une catastrophe industrielle due à la contamination de l’eau de mer par le mercure (rejeté par une usine électrochimique) a bouleversé les moeurs. Face aux risques de contamination industrielle, de nouvelles dynamiques de communication et de médiation environnementales sont apparues. À l'initiative ? Un groupe de mères de famille japonaises rassemblées sous la forme d’un seikatsu club ou « club de la vie » qui s’inquiétaient de voir l’agriculture s‘industrialiser. Les petits producteurs voulaient ainsi favoriser la production et la consommation locales tout en relançant la consommation de produits de saison. En échange d’un achat par engagement, les paysans promettaient donc de donner des aliments sans produits chimiques. Ce système alternatif est considéré comme l’ancêtre du circuit court.

À partir des années 1980 et notamment 2000,  le modèle s’est répandu notamment en Occident avec la multiplication de la vente en panier entre producteurs et consommateurs.

Nous parlons aujourd’hui de circuit court, lorsque l’on limite les intermédiaires entre l’agriculteur et le consommateur. Plus précisément, c’est un mode de commercialisation de produits dans lequel soit il n’y a pas d’intermédiaire entre le producteur et le consommateur, soit il y a un unique intermédiaire entre le producteur et le consommateur.


Quels sont les différents modèles de circuits courts ?

  • La vente à la ferme : elle se fait directement sur l’exploitation du producteur. C’est un point de vente permettant à un ou plusieurs producteurs de vendre leurs produits sur la ferme, mais ils peuvent aussi être consommés sur place. C’est le cas par exemple dans les  fermes-auberges ou maisons d'hôtes dans lesquels nous pouvons acheter ou déguster les produits issus de la ferme.

  • La vente par le producteur : que l’on retrouve sur les marchés, les foires ou les salons par exemple.

  • La vente au panier :  elle consiste à acheter à l’avance des « paniers » hebdomadaires de produits, directement au producteur ou via un seul intermédiaire.

  • La vente par correspondance ou par internet sur le site du producteur ou de son intermédiaire, c’est le cas de Rutabago par exemple.

  • Les ventes à domicile : où le producteur se déplace chez ses clients.

  • Les circuits courts indirects : qui concernent le plus souvent la vente de produits de la ferme dans des magasins de détail.

  • La cueillette : il en existe deux types, la cueillette libre-service et la cueillette libre-récolte. Dans la cueillette libre-service, le consommateur cueille la récolte qu’il désire acheter et paye la quantité cueillie et dans la cueillette libre-récolte, le consommateur achète à l’avance une production et vient la récolter quand il le souhaite.


Quels avantages et quelles contraintes pour l’agriculteur et le consommateur ?

Pour l’agriculteur, vendre ses produits en circuit court présente de nombreux avantages, mais aussi quelques inconvénients ou adaptations à mettre en place.  

En ce qui concerne les avantages, le circuit court permet à l’agriculteur de mieux maîtriser le prix de vente et les débouchés commerciaux de sa production sans que les crises et les fluctuations des marchés agissent sur ses ventes et prix. Il est aussi important de noter que ce type de pratique valorise la reconnaissance du travail des agriculteurs puisque le contact direct avec le consommateur permet d’évaluer la qualité de la production du producteur et de renforcer les liens entre producteurs et consommateurs.

Selon l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, sur 100 euros dépensés dans l'alimentation en grande surface, 37,6 euros reviennent aux supermarchés, 13,20 euros à l'industrie agroalimentaire et 8,20 euros seulement aux agriculteurs. Une partie revient également à l’Etat sous forme de taxes.

Avec les ventes directes et les circuits courts, la constitution du prix est totalement différente puisque les producteurs ajoutent simplement le coût du transport et parfois celui de la location des places de marché à leur rémunération, pour enfin définir le prix final du produit. Cela garantit également une répartition plus équitable de la marge puisque c’est l’agriculteur qui en bénéficie principalement.

En ce qui concerne les inconvénients ou les adaptations à faire, la vente en circuit court oblige l’agriculteur à diversifier ses tâches puisque pour pouvoir vendre ses produits, il doit apprendre en parallèle de son métier d’agriculteur, les métiers de la vente qui nécessitent de nouvelles compétences à acquérir.

Du côté des consommateurs, les circuits courts répondent à un besoin de transparence pour les consommateur français qui souhaitent une meilleure traçabilité de ce qu’ils mettent dans leur assiette. Cela leur permet de mieux maîtriser la qualité des produits qu’ils achètent et la tendance tend vers plus de produits naturels, locaux, et de saison. Il est important de noter que les fruits et légumes vendus en circuit court coûtent en moyenne moins chers pour le consommateur que ceux vendus en grande surface. Tout bénef !

 
Les impacts du circuit court sur notre santé, sur l’environnement et sur l’économie du pays :

En France, et dans de nombreux pays, les circuits courts ont de plus en plus de succès. Les consommateurs  prennent de plus en plus conscience des enjeux et des impacts de leur consommation sur plusieurs plans :

  • Santé : il n’y a rien de plus sain pour notre corps que des ingrédients de saison, cultivés de manière naturelles. Or, le circuit court nous permet de mieux contrôler d’où viennent nos produits et comment ils ont été cultivés ( lien article bio et santé).

  • Environnemental : les circuits courts permettent de limiter les émissions de CO2 notamment en réduisant les emballages dus aux différents transports et stockages. De plus, puisque les fruits et légumes vendus en circuit court ne sont pas soumis aux exigences de calibres et d'esthétiques de la production standard et des normes européennes, favoriser les circuits courts permet la diminution du gaspillage alimentaire. (lien article)

  • Économique : la multiplication des échanges sur un même territoire permet  un meilleur développement économique. De plus, les circuits courts permettent aussi une meilleure répartition des richesses de l’alimentation et une création de valeur ajoutée plus importante.

Nous observons de plus en plus que la demande côté consommateurs est grandissante. Afin de répondre à cette demande, le marché accueille de plus en plus de nouveaux acteurs. En 2011, « La Ruche qui dit Oui » ouvrait ses portes. Elle était la première plateforme numérique dédiée aux circuits courts. Elle a ainsi réuni plus de 5.000 producteurs soit 5% des agriculteurs français et plus de 160.000 consommateurs réguliers. Le succès de cette plateforme a permis d’ouvrir une multitude de ruches en dehors de la France. À ce jour, il existe plus de 1.000 Ruches en Europe ! D’autres agissent d’une autre façon en faisant du co-voiturage de produits régionaux. En effet, Peligourmet est, quant à lui, le premier site de covoiturage des produits régionaux ! Leur objectif est “de mettre en place un circuit-court collaboratif de distribution des producteurs & artisans qui font d'incroyables produits ! “ Que de bonnes idées non ?
Comme nous le remarquons, la filière de circuits courts ne cesse d'évoluer et de s’agrandir mais ce nouveau mode de consommation mettra-t-il fin aux méthodes classiques de distribution ?